Le véganisme, une nouvelle forme de consommation

Le veganisme, une nouvelle forme de consommation – Humm, Le Squer, Monteverdi

 

 

Licence professionnelle

Management International de l’Hôtellerie Restauration

Bachelor’s Degree in International Hotel and Restaurant Management

Année 2015-2016

 

MEMOIRE PROFESSIONNEL

 

Titre du mémoire : Le véganisme, une nouvelle forme de consommation

 

Problématique : Comment accompagner les restaurateurs du marché parisien dans la compréhension du Véganisme et l’adaptation de leur offre ?

Sans titre

Mathilde Humm, Solenn Le Squer & Benjamin Monteverdi.


Remerciements

En avant-propos de notre mémoire de fin d’études, nous souhaiterions tout d’abord adresser nos remerciements les plus sincères à l’ensemble des personnes rencontrées qui ont permis de nous aiguiller dans son élaboration.

Nous manifestons ainsi notre très grande reconnaissance aux individus suivant un mode de vie végan qui ont accepté de partager leur quotidien et histoire avec nous : Baptiste Buzi, Clément Motz, Julie Dupré, Ségolène Thomas, Madame Gibrail, Martin Plasse ainsi que Marie Rouvière, dont le blog inspirant a fait tomber nombre de préjugés. Leurs témoignages et partage d’expérience nous ont permis de comprendre leur vision et rapport à la société.

Nous exprimons également notre gratitude aux différents professionnels qui ont accepté de prendre de leur temps pour nous rencontrer, Michaël Bartocetti, chef pâtissier du Shangri-La Paris, Marine, fondatrice de Vélo & Kitchenette, ainsi que la chef-gérante du restaurant Toutes Les Couleurs. Merci à Anne-Solène Claude, étudiante nutritionniste-diététicienne. Nous n’oublions bien évidemment pas tous les restaurants qui nous ont communiqué les données de leur établissement, nous permettant de récolter des informations précieuses : le Bistrot Flaubert, le Central Père&Fils, Anatole, Flottes, L’Enfance de Lard, le Bistrot d’en face, le Café George V, la Fermette Marbeuf, la Brasserie Barbès, le Bistrot des deux théâtres ainsi que le Un.

Nous tenons ensuite à remercier chaleureusement Madame Bayet-Robert, Madame Girard et Monsieur Versini pour leur précieuse aide, leurs conseils, leurs connaissances, leur soutien et leurs nombreuses recommandations lors de la préparation de notre travail, dont le sujet tendait pourtant à faire polémique dans ses débuts.

Nous soulignons enfin notre reconnaissance à l’ensemble des personnes qui nous ont accompagné d’une façon ou d’une autre dans la concrétisation de ce projet à travers leur soutien moral, leurs corrections mais surtout leur approbation ou désapprobation. Loin d’avoir uniquement découvert un univers qui nous était inconnu, nous avons suscité autour de nous de véritables interrogations, remises en questions et parfois même des vocations.


Sommaire

I. Origines des tendances de consommation

A. l’évolution de l’alimentation

  1. Des racines anciennes
  2. Une évolution constante
  3. Un rapport à la nourriture différent
  4. Le rejet de la société

B. Typologie des mouvements actuels

  1. Gluten Free
  2. Végétarisme
  3. Végétalisme et Véganisme

II. Un mouvement source d’un nouveau marché

A. La génération végane

  1. Les prémisses de ce choix
  2. Un mode de vie stable
  3. Des apports nutritifs discutables

B. La réponse du secteur

  1. Les professionnels de la restauration végane
  2. Une offre de restauration classique restrictive
  3. L’industrie agroalimentaire et les grandes marques s’adaptent

C. L’avenir du véganisme contesté

  1. Un mouvement de fond
  2. Aux aspects de tendance de consommation

III. Un outil informatif

A. Un livret Attractif

B. Une vidéo Formatrice

IV.Bibliographie

 


Introduction

 

Employé pour la première fois en 1944 par Donald Watson, le Véganisme désigne un mode de vie excluant de la vie quotidienne tout produit issu des animaux et de leur exploitation.

De prime abord se présentant comme extrême, le mouvement n’a cessé de s’accroître ces dernières années aux Etats-Unis, pays généralement précurseur des tendances européennes, passant de 0,5% en 2007 à 7% six années plus tard, soit l’équivalent de 22,3 millions d’individus. (Lennepkade, Le végétarisme en Europe et dans le monde, 2013)

Pour s’étendre aux autres formes plus générales de restrictions alimentaires, c’est 2,7%, soit 1,5 million de la population française référencée en 2011 comme végétarienne, végétalienne et végane. (vegan-france.fr)

Mouvement majoritairement féminin, il rassemble 80% de femmes aux Etats-Unis mais tend à se développer chez les hommes puisqu’ils représentent déjà à eux seuls actuellement plus de 40% de la part des végétariens. (Top Rn to Bsn, 2014)

Léonard de Vinci, artiste, ingénieur et scientifique du XVIème siècle disait lui-même avoir «rejeté la viande depuis très tôt dans [son] enfance » et reconnaissait « le temps […] où les hommes regarderaient le meurtre des animaux comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables. »

Ce récent engouement et la déferlante d’actualités alarmantes sur le sujet dans le courant de l’année 2015 nous ont poussé à nous intéresser à ce mouvement tout juste émergent. Des reportages choquants, des interviews menaçantes et des analyses stupéfiantes incitent à ce jour les êtres humains à repenser leur mode de consommation, suscitant la révision de leurs traditions et coutumes consommatrices.

Nos différents stages dans des établissements reconnus dont les demandes clients complexes nous laissaient parfois perplexes nous ont fait mûrir sur le sujet nous poussant à nous interroger sur l’offre actuellement mise en place par les professionnels du métier pour cette population au nombre de ressortissants grandissant.

C’est pour cette raison que nous nous sommes demandé comment accompagner les restaurateurs du marché parisien dans la compréhension du Véganisme et l’adaptation de leur offre ?

Pour cela nous avons souhaité, dans un premier temps, revenir aux fondements de l’alimentation humaine en comprenant son évolution et ses spécificités actuelles. Il nous a semblé par la suite judicieux d’explorer le mouvement végan au travers de nos études terrains avant d’analyser son réel impact et avenir dans la société et conclure par un outil concret mis à la disposition des restaurateurs d’aujourd’hui et de demain.

 


Développement

I. Origines des tendances de consommation

L’histoire de l’alimentation de l’Homme est un point primordial à aborder en avant-propos. Il s’agit de déterminer si ce mode d’alimentation puise ses racines dans la culture alimentaire des premiers hommes afin d’en saisir son origine et son rayonnement actuel.

A. l’évolution de l’alimentation

1)   Des racines anciennes

Les grands singes partagent avec nous plus de 99% de leur patrimoine génétique. Les gorilles sont séparés de notre lignée depuis 10 millions d’années, cependant leur génome ne diffère que de 0,65 % de celui des humains (Le Monde, 2012).

Lorsque nous nous attardons sur le régime de certains spécimens tels que les gorilles ou les orang-outang, nous découvrons que ce sont des végétariens qui se nourrissent essentiellement de fruits et légumes. Afin cependant d’avoir un régime apportant les éléments nutritionnels nécessaires, ils trouvent leurs compléments (vitamines et minéraux) dans les insectes ainsi que dans certaines denrées animales. (Trottmann, 2012). Les végétariens du règne animal ont le besoin de diversifier leurs apports afin de compléter leur équilibre alimentaire et ne peuvent ainsi proscrire de leur régime la viande. Leur alimentation est proche de celle que nous avions à l’ère du paléolithique.

Initialement l’homme préhistorique était principalement herbivore. A l’ère du paléolithique, l’australopithèque se nourrissait majoritairement à 65% de baies et de racines. Les 35% restants étaient constitués principalement de petits gibiers et de poissons. L’homme était alors un omnivore nomade et son alimentation se caractérisait par ses déplacements et les aléas qu’il rencontrait. Il tirait sa force et son énergie des calories qu’apportaient les 1500 grammes de plantes et 700 grammes de viande qu’il mangeait en moyenne quotidiennement. (König, 2009).

La recherche de la nourriture est une préoccupation constante pour l’homme afin de garder une bonne santé. (JAFFIOL, 2011) Ce n’est qu’au néolithique, il y a 9 000 ans, que l’homme se sédentarise. Il cultive alors, rassemble ses ressources autour de lui et anticipe l’avenir en évitant les déplacements, ce qui lui apporte sécurité et abondance alimentaire. Son régime devient alors plus organisé, il travaille la terre, plante et élève quelques animaux.

2)   Une évolution constante

Afin d’appréhender le végétalisme d’aujourd’hui, il faut comprendre celui d’hier qui n’était autre que le végétarisme. L’évolution du mouvement végétarien n’est pas linéaire, nous distinguons plusieurs périodes marquées d’évènements.

Initialement le régime végétarien prend source dans la communauté hindouiste d’Inde. Cette religion a pour croyance la réincarnation animale. Plus la vie est honorable, plus il y a de chance d’avoir une vie meilleure dans celles à venir. C’est pour cette raison que la consommation d’animaux est considérée comme impure, polluant l’âme et les vies futures. De ce fait, l’Inde est, et a toujours été, le pays possédant le plus de végétariens au monde (voir Figure 2 p.12); 70% d’entre eux sont indiens. (Randomfacts.com, 2013).

 Avant d’être appelés végétariens au XIXème siècle, les individus, suivant ce régime, étaient plus connus sous le nom de « pythagoréens ». Pythagore a posé en premier les bases de ce régime, en contestation aux mœurs de la société. Afin d’honorer les dieux, les grecs sacrifiaient les animaux parfois violemment. Il faisait par ailleurs notamment écho au courant hindouiste qui prônait la réincarnation. (Vonfeldt, 2015).

Durant l’époque romaine la viande a été de nouveau consommée plus largement, mais pour des questions de coût et de production celle-ci était peu présente dans l’alimentation journalière. Il s’avère que les sportifs de haut niveau de l’époque avaient un régime dépourvu de viande. Les gladiateurs trouvaient toute la force dont ils avaient besoin dans les légumes et les céréales tels que les haricots et le riz par exemple.

Par la suite, durant la période moyenâgeuse la viande devint très présente dans l’alimentation de ceux qui pouvaient alors s’en procurer, paysans ou seigneurs. Le régime végétarien était très peu répandu. Seuls les cathares réfutaient toute nourriture provenant d’animaux, mis à part le poisson. (Bonnaventure, 2015)

Entre le XVIème et le XVIIIème siècle les têtes pensantes consacrèrent une partie de leur réflexion à la cause animale, dans leur style de vie, réalisant la promiscuité qu’il existe entre les Hommes et les animaux car ces derniers communiquent, ressentent la douleur et expriment leurs émotions. À l’époque un grand nombre de personnalités et artistes sont végétariennes tels que De Vinci, Voltaire, Rousseau, Newton, Wesley, Locke, ou encore de nombreux autres. (Bonnaventure, 2015) (Raschle, 2010).

À partir du XIXème et du XXème le végétarisme se développe. La première association végétarienne née en Angleterre en 1847. La Vegetarian Society fondée, les pratiquants de ce régime ne sont dorénavant plus appelés « pythagoréens » ou « diète végétale » mais végétariens. Il s’avère que le végétarisme de l’époque se rapproche grandement du végétalisme. La Vegan Society est constituée un siècle plus tard en 1944, étendant le végétalisme à notre style de vie, refusant ainsi toute exploitation animale. (Davis, 2010)

Aujourd’hui une grande partie des individus sont devenus végétariens pour diverses raisons : éthiques (concernés par la cause animal et la surproduction de viande); écologiques (réchauffement climatique, 14,5% des gaz à effet de serre émis sont dû à l’élevage intensif (ONU-AA, 2013)); sanitaires (régime plus sain); de religion (hindouisme) ou de culture.

3)   Un rapport à la nourriture différent

Ces dernières années ont vu naitre nombre d’associations véganes vouées à proposer des alternatives de consommation par le biais de recettes, guides de sorties et brochures de sensibilisation. Végan Impact, Association Végétarienne ou encore La Société Véganes Abolitionniste se réunissent tous autour de l’envie d’éveiller la conscience du public en vantant les bienfaits d’un mode de vie végan ou 100% végétalien. Par ailleurs, quelques autres associations se sont données comme leitmotiv de relayer l’information et de sensibiliser les populations.

L214 Ethique & Animaux dont le slogan est « Ouvrons les yeux sur l’élevage, la pêche et les abattoirs » se présente comme une association tournée vers la protection des animaux utilisés pour la production alimentaire. Pour cela ils révèlent les conditions de vie de ces espèces à travers leur élevage, leur transport, leur abattage ou leur pêche. Son nom fait référence à l’article L214 du code rural où en 1976 les animaux y ont été pour la première fois désignés en tant qu’ « êtres sensibles ».

L’association se fonde sur trois axes que est la retranscription de la réalité des pratiques les plus répandues, la démonstration de l’impact négatif de la consommation de produits d’origine animale sur la santé, et l’animation de débats, pour que les questions du spécisme et des pratiques illégales ne cessent jamais. Le spécisme est une forme de discrimination fondée sur la différence entre espèces, considérant que celui-ci est un critère moral suffisant pour déterminer la manière de traiter un être. (Wikipédia).

Cette association, considérée comme plutôt pacifiste n’hésite pourtant pas à informer et nourrir ses campagnes par le biais de films, de témoignages ciblés et de publications scientifiques. Leur but ultime est d’apporter une certaine considération aux animaux en leur attribuant un statut d’ « habitant de la planète aux interdits méritant attention ».

L’association 269 Life quant à elle, est un mouvement de lutte pour la libération animale ayant pour vocation de faire cesser la domestication et la matérialisation des animaux testés, « suppliciés, traqués, séquestrés et torturés » selon leurs termes, dans des laboratoires.

Ces formes de protestations, plus rudes, sont marquées par des actions coup de poing qui poussent au choc, telles par exemple la mise en scène en octobre 2015 d’un abattoir humain à ciel ouvert réunissant 300 partisans du mouvement. Tous couverts de peinture rouge et allongés au sol, ils mimaient les scènes de « massacre » qui peuvent exister dans de tels entrepôts. Dans la même veine, en mai 2015, une soixantaine de militants avec des masques de singe se sont retrouvés devant la « prison » de Vincennes (entendez le zoo) affublés de chaines au cou. (269 Life)

Extrêmes, ils qualifient même dans leur légende de texte les « consommateurs d’oppresseurs » des animaux, soulignant ainsi leur non-tolérance à l’égard des consommateurs lambda. (L214).

Par ailleurs et afin de répondre au mieux à ces nouveaux rapports alimentaires, nous nous sommes arrêtés au fil de nos recherches sur un reportage datant du 21 octobre 2015 diffusé lors du journal du soir sur la chaîne télévisé TF1. Lors du visionnage, nous avons constaté qu’une autre vidéo datant, cette fois, du 22 janvier 2011 portait sur le même sujet. Nous avons donc voulu effectuer une comparaison entre ces deux documentaires afin de démontrer l’évolution du mouvement et des mentalités entre 2011 et 2015. Afin de simplifier ce parallèle, la rubrique de cette année sera identifiée comme la vidéo V2 alors que celle de 2011 sera V1.

Tout d’abord, chaque reportage est classé selon un thème. V1 a comme thématique la science or cela signifie l’étude d’un comportement. Au contraire, V2 est répertorié dans les tendances donc nous ne sommes plus sur un sujet méconnu mais actuel. De même les titres expriment cette même idée, V1 est intitulé « Un Vegan, c’est quoi ? » ; quant à V2 « Le véganisme dans l’air du temps ».

Les plus grands écarts résident dans le partage des vidéos sur les réseaux sociaux. En 2011, le reportage est recommandé par 52 personnes contre 2988 en 2015. Cet exemple illustre bien l’évolution des mentalités. Les végans s’affirment et proclament leur vision.

Dans les deux documentaires, le même couple expose sa manière de vivre et de consommer. V1 s’attarde beaucoup plus sur l’aspect alimentaire qu’il compare à des mouvements plus connus comme le végétarisme et le végétalisme. Dans V2, la présentation du frigo est remplacée par celle de la garde robe afin de développer davantage l’ensemble des domaines de consommation des végans tels que les cosmétiques, les vêtements ou encore les animaux de compagnies. Dans cette dernière vidéo, l’origine de ce choix à travers la cause animale est aussi abordée.

Autre différence, V1 présente le véganisme comme un régime qui impose de cuisiner régulièrement chez soit alors que dans V2 le couple sort désormais au restaurant et demande aux restaurateurs de s’adapter à eux. Dans cette récente vidéo, le couple est beaucoup plus confiant, fier de son mode de consommation et veut convaincre un public plus sensible et prêt à écouter. Nous y découvrons aussi la première boutique entièrement végane. De même, une femme participant à un rassemblement militant à Lille se présente en tant que « fille d’éleveur » et témoigne de son incompréhension de l’alimentation du bétail au détriment d’humains. V2 montre aussi une association sensibiliser les passants à travers des vidéos choquantes. (Coudray, 2011) (Bouleau, 2015)

Cette évolution des mentalités et l’accroissement du mouvement s’expliquent notamment en raison des dernières actualités qui remettent en cause l’élevage intensif et la nocivité de la viande.

Le 14 octobre 2015, l’association L214 dévoile une vidéo poignante dénonçant l’horreur de l’abattoir municipal d’Ales. Les images diffusées accusent la cruauté dans laquelle les animaux sont tués. Une violence qui ne respecte pas les normes et lois puisque le Règlement Européen n°1099/2009, qui définit les conditions d’abattages, précise que « les animaux doivent rester inconscients jusqu’à leur mort ». Or dans cette enquête, les animaux montrent des signes de reprise de conscience et certains bougent encore au moment de l’égorgement.

De même, les conditions sanitaires sont remises en cause. Nous pouvons observer une quantité importante de matière fécale séchée et souvent contaminée sur la toison des animaux. De plus, les cadavres avec des plaies béantes, restent un long moment sur le sol couvert de sang. L’objectif pour l’association est de dénoncer les conditions d’abattage, même de taille humaine, lever le voile sur ces pratiques, sensibiliser les consommateurs de viande et les encourager à ne plus en manger. (Beaudoin, 2015)

D’autre part, la nouvelle étude du CIRC, le Centre International de Recherche sur le Cancer, a entretenue une certaine paranoïa autour de la viande. Le CIRC publie le 26 octobre 2015 le classement de la de viande rouge et des produits carnés transformés les classant au même rang que la cigarette. La consommation de viande rouge et viande transformée serait dangereux pour la santé provoquant des maladies cancérogènes. L’étude du CIRC s’appuie sur de nombreuses analyses qui démontrent que certaines viandes sont liées au développement du cancer colorectal chez l’homme, de la prostate ou encore du pancréas. Cela s’explique notamment par la présence de fer héminique dans le sang des viandes.  (Benkimoun, 2015)

À cette récente étude, nous pouvons ajouter les différents scandales de la vache folle et de la grippe aviaire qui ont engendré une crainte de la viande persuadant de plus en plus d’adeptes à rejoindre des mouvements végétariens, végétaliens et aujourd’hui végans.

4)   Le rejet de la société

De manière globale il est actuellement très difficile dans notre société française amatrice de bonne chair et majoritairement carnivore d’assumer pleinement un nouveau choix et mode de consommation qui va à l’encontre des coutumes alimentaires.

Face à de vives réactions de rejet à l’amorce du sujet, nous avons souhaité nous intéresser aux raisons qui suscitent tant de réactions négatives, parfois verbalement virulentes.

Il a été très difficile de collecter des réponses concrètes à cette problématique car les informations demeurent très floues et les réponses peu concrètes, la plupart des articles trouvés sur le sujet étant en réalité eux-mêmes des contestations de ces nouveaux régimes. Nous avons cependant relevé trois grandes origines de cette intolérance.

  • La manipulation médiatique des industries agro-alimentaires

L’influence des médias et groupes d’agro-alimentaires semblent être en effet une origine valable au refus du véganisme.

Nous autres, clients de supermarchés, bâtissons en effet le monde de demain car tout ce que nous n’achetons pas tend naturellement à disparaître à terme des rayons.

Les industries, dont les produits industriels sont pour la plupart incompatibles avec le véganisme, l’ont bien compris et tendent dès lors à désincarner l’animal et supprimer toute image visuelle en le présentant en barquette, sous plastique, sans forme, sans os ni rappel d’une quelconque appartenance animale. Laisser le plus longtemps possible les consommateurs dans le déni et l’ignorance favorise leurs commerces et les produits qui y sont vendus.

Fabrice Nicolino, journaliste écologique, demande à juste titre pour quelle raison il est « Plus facile de rentrer dans une centrale nucléaire que dans un abattoir » ?

« Les enfants végétaliens sont petits et bêtes », « Parents végétaliens : 30 mois ferme » ou titre de reportages télévisés « Les végétariens de l’extrême » sont tout autant de slogans qui entrainent railleries et moqueries de la part de ceux qui se rendent compte faire également parti, presque contre leur gré, de cette réalité.

  • La peur de perdre sa propre liberté face à l’extrémisme végan

Nous l’avons vu, notre pouvoir d’achat impacte directement les marques d’agro-alimentaires et non seulement notre consommation, mais également celle de nos pairs, fébriles à l’idée d’être à terme privés de certaines denrées.

Prenons l’exemple d’un restaurant dans lequel deux plats végétaliens seraient proposés au client après un an d’ouverture. Même si le restaurateur souhaiterait conserver tous les plats originels, il viendrait très probablement un jour où il supprimerait de la carte des plats dits     « classiques » et rééquilibrerait le choix existant afin de réduire perte et gaspillage. Le carniste subirait ainsi une baisse du choix de l’offre et il serait alors légitime pour lui de critiquer cette évolution qu’il n’a pas souhaité.

Ce rejet a aussi connu une nette augmentation lorsque le mouvement est devenu ambiant et le sujet omniprésent.

Bien que soutenir fermement ses propres convictions et se révolter a toujours été la seule solution pour faire réagir les sociétés et faire évoluer les mentalités, les carnistes se sentent de plus en plus encerclés et oppressés, leur liberté étant ouvertement entachée et ne desservant pas leur propre intérêt.

Les conversations répétitives sur ce sujet et l’impression d’un acharnement prosélytique agacent également les non-adhérents du mouvement qui ne se sentent ni concernés ni intéressés par la question et dont la retirance du propos fatigue.

  • La remise en question du carnivore

La dernière justification, et probablement la plus forte bien que moins politiquement correcte, est la peur de la remise en question.

Se faire entendre dire que la façon de faire est inexacte et que la société se trompe par égoïsme, n’est jamais agréable et peut susciter une défense compréhensive qui peut se transformer en violente critique.

Le végan remet effectivement en question tout le système actuel d’exploitation des faibles, l’homme situé en haut de la pyramide. Le carniste perd ainsi sa croyance de « rang social » légitime et déplore la fin de cette doctrine acquise par tous.

Il opte alors pour différentes formes de défenses que sont :

-Le déni et la justification, en affirmant que les animaux ne souffrent pas quand ils sont élevés à cette fin

-L’évitement, en refusant d’entendre tout argument

-La dichotomie et la dissociation, en différenciant l’animal-ami de l’animal-aliment pour ne pas être dégouté.

B.  Typologie des mouvements actuels

Afin de catégoriser au mieux l’ensemble de ces modes de consommation et afin d’éclairer précisément notre auditoire, nous avons souhaité rassembler et expliquer ici au mieux les différents mouvements existants actuellement.

1)   Gluten Free

À l’heure où les populations se posent de plus en plus de questions sur leur alimentation, leur provenance, leurs valeurs nutritives…; nous pouvons observer une forte évolution des mentalités concernant les modes de consommation. De ce fait, de nouveaux régimes apparaissent. Ainsi le régime sans gluten connaît un succès considérable depuis quelques années atteignant en France, une croissance de 30% en 2012. (Ahmed Toumi, 2013)

Le gluten est une protéine qui se trouve dans la plupart des céréales que nous consommons : le blé, le seigle, l’épeautre ou encore l’orge. Elle permet de donner du volume et de l’élasticité au pain et aux gâteaux. À travers sa consommation, certaines personnes sont sujettes à des risques de maladies graves, notamment l’affectation chronique de l’intestin empêchant l’absorption de nutriments, minéraux et vitamines. Cette intolérance touche 2 à 5% de la population. (Venesson, 2015). Or il est important de bien différencier les personnes intolérantes au gluten qui suivent donc un régime sans gluten et les personnes suivant la tendance du sans gluten.

Le succès du sans gluten s’explique notamment par l’adoption de ce régime par les célébrités qui se vantent de se sentir plus légère et mince. De nombreux sportifs commencent également à suivre ce régime tel que Novak Djokovik pour éviter des digestions difficiles durant une compétition et améliorer les performances.  Sur Internet, la recherche « gluten free » augmente ainsi de façon exponentielle (Lorenzo, 2013):

Lorenzo

Cette mode s’étend dans l’agroalimentaire, beaucoup de supermarchés lancent des gammes de produits sans gluten. De nombreux restaurants basés sur le sans gluten ou encore des boulangeries à l’image Kayser, qui propose des sandwichs sans gluten dont le pain est fabriqué dans un laboratoire spécialisé, sont apparus. Les hôtels se sont aussi adaptés avec des offres de petit déjeuner sans gluten de plus en plus nombreuses.

De ce fait, il est aujourd’hui assez simple de vivre dans la société tout en étant gluten-free. En ce qui concerne l’alimentation, il existe de nombreux produits qui peuvent être des substituts aux céréales et aux produits contenant du gluten. Pour donner quelques exemples, un gluten free peut consommer des pommes de terre, toutes les farines de légumes, produits laitiers, les fruits évidemment, les œufs, le riz, le quinoa, le sarrasin, le soja ou encore le chocolat.

Nous constatons ainsi qu’il semble aisé de vivre sans consommer du gluten et sans trop se priver. Le site internet « sortir sans gluten » recense ainsi 186 établissements référencés dans 112 villes.  (Sortir Sans Gluten)

Le régime sans gluten est aujourd’hui devenu une tendance et touche de plus en plus de personnes. Ce fût aussi un élément déclencheur dans l’apparition de nouvelles formes de consommation et avec elles le développement du mouvement végan.

2)   Végétarisme

Le végétarisme se définit comme un régime alimentaire excluant toutes chairs animales. Ces restrictions sont généralement dues à des raisons éthiques, de religion, de culture ou de santé. Cela peut également provenir d’une source de protestation pour l’environnement, la traçabilité des produits, les méthodes d’abattages ou encore d’élevages (Le Monde, 2015). Voici un schéma des sources de motivations des végétariens en 1989 selon une enquête menée par Amato et Partridge :

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Nous pouvons constater au travers de ce schéma que la motivation principale au végétarisme provient majoritairement d’une sensibilité envers la cause animale.

Aujourd’hui les régimes végétariens se déclinent sous plusieurs formes :

  • Les lacto-ovo-végétariens : Ils consomment des produits issus d’animaux tels que les œufs ou le lait.
  • Les lacto-végétariens : Ils consomment des produits issus d’animaux tel que le lait mais pas les œufs.
  • Les semi-végétariens : Ils consomment du poisson, des crustacées et de la volaille.

Selon l’Institut de recherche économique et sociale, en 2010, 75 millions de personnes dans le monde étaient végétariens par choix et 1, 450 million végétariens l’étaient par nécessité.

Nous pouvons constater que certains pays se démarquent par rapport à d’autres :

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Figure 2, Pourcentage des végétariens dans la population mondiale 2014

L’Inde, avec une religion tournée vers le végétarisme, est constituée de 40% des végétariens du monde. Certains pays européens se démarquent comme l’Allemagne, l’Angleterre ou encore les Pays-Bas où la pratique du repas, moins traditionnel, permet une plus grande tolérance à l’égard du menu à la différence de la France par exemple.

3)   Végétalisme et Véganisme

  • Le Végétalisme

Ce régime, apparenté à un « végétarisme strict » est un régime alimentaire qui ne comporte que des aliments issus du monde végétal et excluant ainsi tout produit d’origine animale.

Il exclue donc davantage de produits, notamment tout produit laitier ou œuf en raison de l’élevage intensif, la surexploitation animale, ou encore le miel contre l’enfumage et la destruction durant l’hiver des ruches trop couteuses.

Afin de donner un ordre d’idées concernant l’origine de cette prise de choix, en France, 53% des adeptes déclarent être devenus végétaliens pour des raisons nutritionnelles, 67% pour l’environnement et 75% pour l’éthique animale (plusieurs choix étaient possibles). (Ratiarison, 2015)

La dimension animale reste donc majoritaire, soutenue par le refus du spécisme, caractéristique des végétaliens. Il est ici intéressant de noter qu’aujourd’hui aux Etats-Unis, en accord avec cette dimension égalitaire, près de 70% de la communauté est politiquement libérale (opportunité et égalité pour tous en donnant le pouvoir à l’état de résoudre les écarts sociétaux), 33% sans opinion politique et 14% conservateurs (gouvernement limité, liberté individuelle, valeurs américaines traditionnelles).

Le régime végétalien est très souvent perçu et vécu comme l’étape préliminaire vers le véganisme, plus drastique.

  • Le Véganisme

Bien que Donald Watson ait créé le terme en 1944, c’est 2014 qui marque l’apparition du mot véganisme au sein du dictionnaire Larousse proposant la définition suivante : « Mode de vie alliant une alimentation exclusive par les végétaux et le refus de consommer tout produit issu des animaux ou de leur exploitation ».

Etymologiquement, le véganisme vient de la contraction du terme « végétarien » duquel a été retiré la partie centrale, donnant ainsi le terme de « végan ».

Il s’agit donc non seulement d’un régime alimentaire stricte, à l’image du végétalisme qu’il adopte également, mais aussi d’un style de vie visant à exclure au maximum toute forme d’exploitation animale qu’elle soit alimentaire, vestimentaire (textiles), médicale (produits pharmaceutiques), esthétique (cosmétiques) ou culturelle (zoo).(vegan-france.fr).

Un régime jusqu’alors uniquement alimentaire devient un réel mode de consommation qui impacte directement sur n’importe quel action et achat de la vie quotidienne.

Cela nous a poussé à nous consacrer exclusivement sur ce mouvement sociétal car loin de se restreindre au domaine nutritif, il s’élargit à d’autres aspects de notre secteur notamment l’hôtellerie dont il exigera demain une literie et un mobilier spécifique (fauteuils en cuirs et couettes en plumes bannis des hôtels).


II.         Un mouvement source d’un nouveau marché

La question principale qui suit a été fondamentale dans la constitution de notre travail puisqu’il s’agit d’identifier le marché végan, ses acteurs, sa perception et son potentiel d’avenir dans une société française traditionnelle attachée à ses valeurs et ses traditions.

A. La génération végane

1)   Les prémisses de ce choix

Afin de comprendre ce mouvement, nous avons souhaité rencontrer les personnes qui le vivent au quotidien afin qu’elles nous expliquent elle-même leur mode de vie et leur relation avec la société.

Ci-dessous, le tableau des profils des personnes interrogées :

Code Sexe Lieu de résidence Age Profession
I1 M Lyon 22 ans Étudiant
I2 F Paris 22 ans CAP postbac  pâtisserie
I3 F Grenoble 43 ans Administratif dans une société cinématographique
I4 F Paris 26 ans Entrepreneure,

Bloggeuse

I5 M Montréal 29 ans Biologiste
I6 M Lyon 23 ans Manager Opérationnel en Circulation Ferroviaire

 

En tout premier lieu et afin de mener à bien cette enquête, il nous a semblé cohérent de comprendre les prémisses de ce choix et les raisons qui poussaient les adeptes du mouvement à débuter un tel régime alimentaire.

De manière évidente la réponse majoritaire à la question du justificatif est la prise de conscience du traitement animal dans la chaine agro-alimentaire. I1 et I3 l’expliquent de manière très rationnelle en refusant simplement de « faire souffrir et tuer les animaux ».

Cet attachement très fort à l’être animal peut être lui-même expliqué par diverses raisons et nombreux philosophes et psychanalystes se sont penchés sur la question apportant des éléments de réponses. Selon une hypothèse courante de cette dernière décennie, notre génétique humaine serait programmée pour être réceptif et ému face aux créatures aux yeux ronds poussant de petits cris et apparaissant comme vulnérables aux yeux de l’Homme. En résulterait donc la tendance selon laquelle les êtres humains « fondent » devant les petits de chaque espèce, en particulier chiots et chatons et refuseraient de leur faire le moindre mal.

De manière plus philosophique, I5 associe son choix à une « prise de conscience de l’immoralité de contribuer à l’exploitation et à la souffrance d’animaux » pour son bon plaisir ou le respect abusif d’une tradition ou la perpétuité d’une culture aujourd’hui désuète. Cet élargissement de la conscience qui va au-delà du simple choix de régime alimentaire particulier fait prendre conscience aux Hommes que la supériorité humaine n’est dans ce cas présente que du chauvinisme, terme employé ici au sens large et non uniquement restreint au patriotisme citoyen.

Le second élément de réponse aux facteurs d’une telle prise de décision est l’aspect nutritionnel, couplé par une volonté de respect de l’environnement.

I4 évoque son régime précédent qu’elle qualifie de « conventionnel » puisqu’intégrant des produits de base consommés en majeure partie par des individus de sa catégorie sociale (viande, gluten, fast-food). Comprenant par la suite l’impact de la consommation de produits d’origine animale sur la santé et l’environnement, elle a souhaité agir à son échelle et contribuer aux changements d’habitudes.

Elle parle elle-même s’être débarrassée de l’ensemble de ses problèmes cutanés et dérèglements nutritionnels au profit d’un équilibre intestinal, d’une peau saine et d’une énergie incomparable.

Nombre de femmes débutent en effet ce régime afin de redécouvrir le plaisir de manger sans se priver tout en ayant le privilège de perdre du poids.  Bien que cela apparaisse comme inconcevable, réapprendre à manger permet à l’organisme de mieux assimiler les graisses et sucres et limiter la prise de poids, ce qui donne à ce mode de vie l’opportunité de profiter d’un facteur positif supplémentaire.

De la même manière I6 a vu en ce régime l’opportunité de « s’infliger » une contrainte alimentaire supplémentaire. Qualifiant ce régime de « défi alimentaire, en particulier pour un sportif », il a vu cette prise de décision dans un premier temps comme une envie égoïste davantage que comme un choix mû par de respectueux principes.

 Voila donc le condensé de nos recherches concernant les premières motivations. Mais nous avons également souhaité connaître l’élément déclencheur et d’où venait la source d’information première concernant ce sujet.

Aux Etats-Unis, 42% des végans disent l’être devenu à la suite d’un visionnage de reportage ou documentaire éducatifs sur le sujet. (Infographie image)

Dans notre échantillon de profils, les avis s’accordent en effet à dire que les films et reportages sont sources de prise de conscience. Le choc des images a en effet la plupart du temps chez les êtres humains une résonnance plus forte que le poids des mots et explications évasives.

Le film Earthlings, comme I5 notamment, est à l’origine de plusieurs vocations. Ce documentaire américain de Shaun Monson montre en caméra cachée le traitement des animaux destinés à l’alimentation, à l’habillement, aux cosmétiques, aux divertissements et aux recherches scientifiques.

De même les reportages qu’ils soient sur l’élevage intensif de poisson d’élevage gavés d’antibiotiques et nourris aux croquettes constituées de tous les poissons considérés comme impropres à la consommation ; ou les conditions de vie des porcs abattus dans des délais tel que l’analyse individuelle de chaque bête y est rendue impossible (I2), sont d’autant plus moteur de choix.

Cependant sur un aspect plus nutritionnel, la source d’information prédominante est la littérature qui permet à de nombreux scientifiques d’apporter des chiffres clés et des résultats d’analyses concrets remettant en cause l’actuel mode de consommation alimentaire. Les enquêtes et expertises menées font en effet prendre conscience aux futurs végans de la folie humaine. Ainsi dans son livre l’Alimentation ou la 3ème médecine, le docteur Seignalet prouve l’impact que l’alimentation peut avoir sur l’ensemble du métabolisme humain. De même, de nombreux blogs voient aujourd’hui le jour et permettent aux végans, au début de leur expérience, de mieux vivre en se sentant membres à part entière d’une communauté.

            Malgré tous ces supports qui aident l’Homme à s’aiguiller vers un mode de vie plus sain, ne négligeons pas l’impact des médias et de la société sur cette décision, parfois difficile à affirmer. I5 explique en effet le fait que dû à un « déluge de désinformation » et une propagande agro-alimentaire, il a longtemps pensé que les carences rencontrées l’empêcheraient de mener à bien son expérience. En prenant le temps de correctement se renseigner, il a découvert qu’il pouvait tout à fait concilier bonne santé et mode de vie végan.

2)   Un mode de vie stable

La plus grande difficulté dans ce mouvement est sans aucun doute l’aspect social. Bien que toutes les personnes interrogées affirment que c’est une contrainte sociale à laquelle ils se sont tous adaptés rapidement c’est une alimentation qui ferme plus de portes qu’elle n’en ouvre. I5 considère que les personnes qui ne le comprennent pas ne font pas parti de son entourage quant à I4, elle a fait la démarche nécessaire pour que ses proches la comprennent. Les repas entre amis ou les sorties au restaurant peuvent aussi être compliqués mais ils trouvent souvent un plat à leur convenance ou demandent que les restaurants s’adaptent à leur régime. I2 anticipe ces situations et prend toujours un fruit avec elle. I6 est lui plus flexible et est prêt à faire quelques concessions tel que manger un plat avec de la crème. I3 a plus de difficultés car elle est souvent moquée et dans l’obligation de se défendre étant la seule de son entourage alors que I1 essaye de ne pas être susceptible sur ce sujet.

La majorité ne sont pas dans une volonté de « lavage de cerveau » mais plus dans une sensibilisation morale que cela concerne les animaux ou l’écologie. Ils ne veulent en aucun cas mettre la pression à leur entourage mais plutôt « semer une petite graine dans leur tête et la laisser grandir » selon I4, leur permettre de réfléchir avec un certain recul. D’après I6, il faut déjà avoir certaines dispositions politiques et personnelles pour tirer des bénéfices de ce mouvement. Bien que dans des circonstances extrêmes convaincre d’adopter le véganisme serait un mal agréable, car moralement et écologiquement idéal ; cela demeurerait un acte masochiste car contre-nature pour un homme génétiquement codé pour trouver  du  sucre  et  des  protéines animales  attirantes donc aller à contresens demande une raison.

Au contraire I5, a étendu ce style de vie à beaucoup de personnes de son entourage tels que sa mère, son frère, sa belle-sœur « qui attendent un petit bébé végan », trois de ses amis et son père qui a réduit drastiquement sa consommation de produits d’origine animale. Pour ce faire, il est direct et honnête mais seulement lorsque le sujet est abordé par d’autres personnes. Pour I3, elle ne souhaite pas étendre son régime mais elle attend une compréhension, néanmoins elle interdit tous les produits industriels chez elle et a sensibilisé ses proches aux produits frais des producteurs.

Par ailleurs, les végans questionnés ne ressentent pas une véritable écoute de la part des personnes qui les entourent. La plupart affirment que les gens écoutent mais ont tendance à se voiler la face et à refuser d’affronter les problèmes qui sont à l’origine du véganisme. D’après I1, ces mentalités sont difficiles à changer et leur donner les clés de la réflexion est déjà une étape. Selon I6, le meilleur moyen reste avant tout de montrer l’exemple plutôt que perdre du temps à « jouer de la flûte » et d’être la meilleure version de lui-même, encore mieux qu’un non-végan, pour donner de la crédibilité à ce pour quoi il milite. I5 considère que cela fait parti de son style de vie que de devoir changer les mentalités, il ne veut pas être seulement spectateur. Pour I4, la situation est quelque peu différente de par son blog qui a un impact sur de nombreuses personnes d’après les retours qu’elle reçoit. Son objectif est principalement culinaire puisqu’elle souhaite changer l’image du mouvement sujet à des stéréotypes qui font parfois peur et montrer que la cuisine végétale est aussi savoureuse que les autres.

Il est aujourd’hui tout à fait possible de vivre végan au quotidien sans se compliquer particulièrement la vie. L’aspect alimentaire tout d’abord est soutenu par une quantité de sites et applications (Vegoresto, réseau de référencement des établissements proposant une offre 100% végétale; ou Happycow, site et application mobile de restaurants végétariens) proposants des recensements de lieux où s’alimenter et trouver des produits dénués de toute substance animale et servant ainsi à la fois les restaurateurs, qui bénéficient d’une publicité gratuite, et les végans qui jouissent d’un accès de plus en plus simplifié à l’information.

 De même, les vêtements végans tendent à se développer, remplaçant même parfois la colle faite à base d’os de poissons par d’autres sortes. La firme américaine Saucony a même lancé en 2015 deux paires entièrement végans, esthétiquement réussies et modernes.

En ce qui concerne les produits basiques qui fondent l’alimentation végane, c’est à dire les fruits, les légumes, les céréales et les graines, ces produits se trouvent partout. Les personnes interrogées les achètent principalement au marché puisque la consommation de produits industriels va à l’encontre de ce mouvement. Pour les produits alimentaires spécifiques, l’accessibilité est assez facile puisque certains supermarchés se sont adaptés avec des gammes de produits végans. Néanmoins, I6 et I4 n’en consomment pas du tout, certes ce sont des produits sans origine animale mais ils restent industriels et transformés or les consommer va à l’encontre de leur approche. De même, I2 est elle sur un refus d’ordre culinaire car les produits de substitution ont trop de ressemblance et cela la déstabilise. Pour les produits de la vie courante, tel que le shampoing, cela est plus compliqué puisqu’il faut se rendre dans des magasins spécialisés ou sur internet. I5, qui vit à Montréal, a beaucoup plus de facilités à consommer végan et de plus en plus ; « Des restaurants végans ouvrent tous les mois. ».

Ils continuent donc dans l’ensemble à fréquenter des établissements classiques non végans types supermarchés et restaurants sauf pour I4 qui se tourne dorénavant essentiellement vers les marchés, les magasins bios et favorise les adresses véganes en ce qui concerne la restauration de même que pour I1 qui sort peu. I2 et I3 demandent aux restaurateurs qu’ils s’adaptent à leur régime mais constatent souvent une panique sur le visage du serveur mais si l’ajustement est réussi cela les pousse à revenir. D’autre part, l’offre du midi est plus accessible. I5 continue de fréquenter tous les commerces car c’est encore là un moyen d’amener à un changement de société à travers la demande d’options qui rendent à moyen terme la vie plus facile et l’idée de devenir végan plus attrayante. C’est aussi une occasion de ne pas être invisible et de placer les autres en face d’une démarche éthique. En ce qui concerne l’hôtellerie végane, I3 est la seule à s’être penchée réellement sur la question, elle est généralement plus sur la location d’appartements mais s’il existait une offre végane, elle serait très intéressée.

Tous s’accordent à dire que l’offre est de plus en plus présente et qu’aujourd’hui il est facile d’accéder à l’alimentation végane sans pour autant devoir constamment manger chez soit.

D’autre part, I2 est la seule à participer à des manifestations véganes et environnementales. De même, I3 s’est joint à des marches pour l’environnement, contre le port de la fourrure et signe des pétitions. Mais tous considèrent qu’ils devraient le faire davantage car « c’est aussi ça être végan ».

Ce régime alimentaire est presque aussi coûteux qu’une alimentation classique. Les produits spécifiques sont certes plus élevés mais avec une absence de dépenses en viande, qui est un produit onéreux, les frais par mois s’équivalent plus ou moins. I6, I5, I4 et I3 dépensent en moyenne 300 euros par mois. I2 entre 90 – 150 euros par mois et I1, qui mange régulièrement dans le restaurant universitaire de son école, débourse entre 80 et 130 euros par mois.

De nos jours être végan n’est certes pas facile d’un point de vue social en raison d’une compréhension encore fragile de la part des personnes extérieures. Les végans ne se sentent pas complétement entendu et sont sujets à certains stéréotypes. Pour autant, ils ne sont pas dans une démarche de propagande de leur mouvement mais simplement dans une volonté de réflexion de la part de leur entourage. Par ailleurs, leur quotidien a vu un changement positif puisqu’il s’est beaucoup amélioré grâce à une accessibilité plus simple dans le secteur de la restauration et de l’agro-alimentaire.

3)   Des apports nutritifs discutables

L’aspect nutritionnel de ce régime est un point essentiel à aborder afin de savoir s’il possède des limites et si nous pouvons être végétalien sans subir de carences. Suite à notre entretien avec une étudiante en diététique et nutrition il est important, tout d’abord, de retenir qu’un changement de régime ne peut se faire brutalement et qu’il est nécessaire de combler les apports des produits que nous supprimons de notre quotidien, dans les végétaux en connaissance de leurs apports. La question centrale porte alors sur le remplacement des éléments que nous consommons tous les jours tels que la viande, les produits laitiers, les œufs… Comment les personnes pratiquant un régime sans ces produits, comblent-elle l’apport de ceux-ci (zinc, fer, minéraux, vitamines, protéines, calcium) ?

Selon le docteur Bernard-Pellet, médecin nutritionniste et diététique spécialiste en végétarisme et végétalisme, trouver ces apports est facile. Fondamentalement aucun aliment ne semble indispensable. Nous pouvons retrouver les protéines, vitamines et les autres nutriments dont nous avons besoin dans le monde végétal. Examinons un produit tel que la viande et ses équivalents nutritifs :

  • Dans les céréales avec le blé, le riz et le maïs

Apportant minéraux, vitamines, protéines, calcium, …

  • Dans les légumineuses avec les pois-chiches, lentilles et haricots

Apportant fer, calcium, vitamine C, …

  • Dans les oléagineux avec les noix, noisette et amandes

Apportant calcium, vitamine A et C, …

  • Dans les graines avec les graines de tournesol, de lin ou de sésame

Apportant protéines, calcium, vitamine C, minéraux, …

Tout aliment peut par conséquent aisément être substitué à la suite d’une analyse de l’ensemble des végétaux. Le seul élément que nous ne retrouvons pas dans les végétaux est la vitamine B12. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans le corps humain. Elle contribue au bon fonctionnement du cerveau, du système nerveux, de la formation du sang et à la croissance. Nous la retrouvons seulement dans les produits d’origine animale, correspondant donc à la viande, le poisson, les fruits de mer, le lait et les œufs (Wikipédia, 2016), soit tout ce qui n’est pas consommé dans le régime végétal. Afin de combler ce manque, les végétaliens doivent se fournir autrement et prendre des compléments alimentaires ; sous forme de comprimés. C’est un régime qui n’est pas adapté aux enfants, aux séniors et aux femmes enceintes. Sa pratique nécessite une recherche sur la composition des végétaux, et la création de plats permettant au mieux d’exploiter chaque nutriment dont nous aurions besoin. La non connaissance des apports nutritionnels des végétaux peut créer des affaiblissements plus importants qu’au travers de nos régimes quotidiens. À la vue des carences pouvant se créer plus facilement, celui ci demande plus de temps et une implication personnelle plus élevée que pour d’autres régimes.

En ce qui concerne les bienfaits, ils semblent être nombreux. Le docteur Bernard-Pellet disait en 2016 lors d’une interview que : « Les avantages du végétarisme sur la santé qui ont été démontré scientifiquement sont les suivants : moins de problèmes d’obésité, moins de maladies cardiovasculaires, moins d’hypertension artérielle, moins de diabète de type 2, moins de cancers, moins de troubles intellectuels chez le sujet âgé. ». Ce régime alimentaire semble alors être un sérieux atout dans le combat des maladies. (Bernard-Pellet, 2016).

Voici ci-dessous un tableau offrant une vue d’ensemble des différents régimes et résumant les carences et les bienfaits du végétalisme et végétarisme :

Choix d’aliments Végétarien et lacto/ovo-végétarien : légèrement limité (pas de viande, de volaille, de poisson ni de fruits de mer). Mais consomme du lait ou /et des œufs.

Végétalien : assez limité (pas de viande, de volaille, de poisson, de fruits de mer, d’œufs ni de produits laitiers).

En pratique Végétarien et lacto/ovo-végétarien : modérément facile à suivre à court et à long terme.

Végétalisme : assez difficile à suivre à court et à long terme, surtout si les motivations sont uniquement d’ordre rationnel (santé, environnement).

Attention Végétarien et lacto/ovo-végétarien : attention particulière aux apports en fer, en zinc et en acides gras oméga-3.

Éviter les excès d’acides gras oméga-6.

Végétalisme : attention particulière aux apports en fer, en zinc, en calcium, en vitamine D, en vitamine B12 et en acides gras oméga-3.
Éviter les excès d’acides gras oméga-6.

Figure 3, Tableau récapitulatif des carences et bienfaits des régimes végétariens et végétaliens (Baribeau, 2012)

B.  La réponse du secteur

1)   Les professionnels de la restauration végane

4.pngLe secteur de la restauration a vu apparaître un nouveau marché de restaurants spécialisés dans le véganisme. Ces dernières années, nous avons pu voir de nombreux petits concepts proposer une offre adaptée à cette tendance. La clientèle est certes une petite part de marché mais l’offre étant encore plus minime, il est à l’heure actuelle très intéressant de s’adapter. (Gabriel, 2014)

Nous avons pris l’exemple de deux entreprises de restauration, l’une est un restaurant bio, qui prend en compte certains types de régimes, ouvert depuis 9 ans et l’autre une entreprise de livraison à vélo de brunchs sans gluten et végans qui à ouvert il y a quelque mois en septembre 2016.

Ce dernier « Vélo & Kitchenette », a décidé de se lancer dans l’aventure, sa fondatrice étant elle-même végétalienne, pour le défi culinaire de cette cuisine. Cependant ses offres ne sont pas 100% véganes et s’adaptent aussi aux personnes qui mangent sans gluten.

De ce fait, elle utilise peu de produits de substitution qui ont tendance à être plus cher, elle préfère que ce soit naturel, et ne fait donc pas appel aux épiceries véganes qui peuvent fournir les professionnels du véganisme. Pour les fruits et légumes, elle se fournit au marché bio et pour les autres produits elle le fait localement. Par la suite, tout est stocké et produit dans une boulangerie qu’elle peut utiliser en échange de services.

Pour ce qui est de « Toutes Les Couleurs », la propriétaire a voulu être en accord avec ce qu’elle fait et mettre en œuvre ses convictions c’est à dire l’aspect écologique, sociétale et la souffrance des animaux. Sa cuisine est presque entièrement végétalienne et fait maison, même pour le fromage, mais elle s’accorde quelque travers en ce qui concerne le miel.

Par ailleurs, toutes les deux se sont référencées véganes. Pour « Vélo et Kitchenette » c’est avant tout dans une démarche marketing car les clients s’y retrouvent plus qu’avec le mot végétalien. Pour « Toutes Les Couleurs », l’offre de restauration est la même concernant les deux régimes même si elle n’est pas positionnée sur un mobilier végan. Elle y reste néanmoins sensible et ne possède aucun revêtement en cuir.

Les deux entreprises de restauration s’accordent à dire qu’il y a une véritable demande pour la cuisine végane. Dans un premier temps en raison de l’augmentation du nombre de végétariens et végans du fait que les individus cherchent davantage à avoir connaissance de la provenance des produits, à manger de la qualité, du fait maison et que tout devient trop industrialisé. Dans un deuxième temps, à travers la curiosité des personnes envers cette cuisine. D’autres se tournent vers cette offre de restauration par goût ou simplement par obligation de maladies.

Pour « Toutes Les Couleurs », l’activité est plutôt faible en ce moment mais cela s’explique davantage par la période difficile dont souffre la restauration que par son offre.

Les clients végans de « Vélo & Kitchenette » représentent entre 50 et 60% de sa clientèle totale, et sur l’ensemble de ses brunchs vendus par mois les ¾ sont 100% végans. Comme beaucoup de marchés de niche, il y a énormément de bouche à oreille au sein de la communauté et à travers les réseaux sociaux or quand un établissement végan ou simplement une offre apparaît cela se sait très rapidement et cela amène beaucoup de clientèles.

Ainsi pour ces deux professionnelles c’est une tendance qui peut durer car elle est basée sur l’éthique. De plus, il y a un aspect écologique qui préoccupe de plus en plus de personnes. Cependant si l’offre végane devient trop importante, il y a une forte possibilité pour que la demande ne soit pas assez conséquente.

La restauration de luxe se tourne, elle aussi, de plus en plus vers une influence végétale. Alain Passard, chef des cuisines du restaurant L’Arpège***, comme Alain Ducasse, au Plaza Athénée***, ont tout deux retiré la viande de leur menu au profit de la mise en valeur des légumes provenant de leur propre potager. Même si le poisson reste présent, la haute gastronomie travaille davantage une cuisine où les légumes sont les piliers de l’assiette avec un soucie de la saisonnalité et la qualité des produits. De même Jöel Robuchon, plus connu pour une cuisine traditionnelle française, s’est lui aussi dirigé vers cette cuisine à travers l’élaboration d’un menu végétarien dans son restaurant La Grande Maison** à Bordeaux. Enfin, nous pouvons évidemment citer le palace Le Shangri-La Paris qui organise le premier jeudi de chaque mois son dîner 100% Green orchestré par le chef Christophe Morret qui réalise un menu végétal accompagné de vins biodynamiques. De plus, l’établissement a décidé, durant cet été 2015, de se lancer dans un nouveau défi à travers la mise en place d’un tea time végan. Nous avons rencontré le chef pâtissier afin de découvrir cette pâtisserie et ses enjeux.

L’idée est apparue en raison d’une forte demande sur le marché du luxe parisien. D’autre part, le chef se dirigeait lui aussi vers cette voie lorsqu’il travaillait quelques mois auparavant dans les cuisines du Plaza, et sa rencontre avec Christophe Morret très porté, lui aussi, sur cette cuisine permis une redéfinition du tea time. Par ailleurs, le dîner 100% Green, déjà en place, était une réussite.

Cela a pris à la pâtisserie 3 mois et demi de recherche et développement et de nombreux « essais poubelle » avant d’aboutir à quelque chose de structuré et bon. Pour ce premier type de tea time, il voulait reprendre les pâtisseries traditionnelles françaises mais en version végane néanmoins il est nécessaire de recréer chaque recette quand il s’agit de cette cuisine. Par exemple, le produit le plus difficile à remplacer est l’œuf sans lequel la pâtisserie ne se tient pas, pour le substituer il utilise donc le jus de cuisson de pois chiche. Toute l’équipe a dû reprendre les bases de la pâtisserie et repartir à zéro avec des produits végétaux. Ils ont aussi mis en place des techniques qu’ils n’avaient pas l’habitude d’utiliser, ce qui leur a permis d’apprendre beaucoup sur leur domaine de compétence. C’est un défi réussi aux vues des très bons retours clients que nous avons pu confirmer lors d’une dégustation très intéressante et gourmande de ce fameux tea time végan.

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Figure 5-Calisson revisité, Mont Blanc, Entremet Chocolat

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Figure 6- Scones et Portant avec mignardises véganes

Cette offre n’est pas seulement accessible aux végans mais à tout le monde. L’objectif est que chacun s ‘y retrouve que ça soit les personnes avec un régime classique qui sont curieux d’essayer quelque chose comme les personnes qui ont des allergies car les produits sont faibles en quantité d’allergènes.

De ce fait, ils ont repris le terme végan puisque c’est un mot devenu universel qui parle à tout le monde. C’est aussi une manière de montrer vers quelle philosophie le restaurant s’engage. Utiliser ce mot implique une réflexion sur le choix des produits. Au Shangri-La, cette démarche se traduit par des plats qui respectent l’environnement et favorisent les petites entreprises en les mettant en avant. L’objectif est de remettre au goût du jour des produits simples et nobles. Cependant ces produits de qualités sont plus coûteux avec un food cost de 10 à 15% pour une pâtisserie végane contre 7% pour une pâtisserie classique.

Par ailleurs, ce tea time a fortement augmenté l’activité du Shangri-La au moment du goûter dans le restaurant principal. Ils vendent de manière générale entre 50 et 60 menus végans le weekend sur les deux heures de tea time. Il touche ainsi beaucoup de monde et cet intérêt est accentué par une communication active sur le tea time. C’est un moyen de se démarquer des autres palaces. En effet, sur les réseaux sociaux tel que Facebook, les publications sur le tea time végan représentent 80% des publications food & beverage. De plus, beaucoup de publicité s’est faite à travers de nombreux articles dans les magazines et blogues.

Enfin, selon le chef pâtissier il y a un véritable avenir concernant la cuisine végane car c’est pour lui le futur de la gastronomie surtout à la vue de la hausse des allergies depuis les dernières dizaines d’années.

2)   Une offre de restauration classique restrictive

Afin d’analyser l’offre actuelle sur le marché pour des clients suivant un régime végan, nous avons mis en place un questionnaire que nous avons diffusé dans la capitale française.

Nous avons sélectionné des restaurants type brasserie pouvant recevoir de 20 à 50 couverts et dont la carte ne semblait à première vue pas offrir de menu/plat adapté à des clients végétaliens. De même, sur leur site internet aucun ne spécifiait adapter son mobilier ou ses produits à la population végane. Notre volonté était d’analyser l’actuelle connaissance des restaurateurs sur ce mouvement et leur sensibilité par rapport à ce-dernier.

 Nous avons été tout d’abord agréablement surpris par la proportion de professionnels disant connaitre la distinction entre végan et végétalien puisque 40% pensent différencier les deux. Nous pensons cependant ici à une désinformation car nous avons pu analyser tout au long de notre dossier que de nombreuses personnes faisaient un amalgame entre végétalien et végan, ce-dernier étant le terme anglophone de « végétalien » ce qui a tendance à semer une certaine confusion dans les esprits.

50% autres cependant admettent ne pas distinguer les deux et uniquement 8% ne connaissent ni la définition de végétarien, ni de végétalien ni de végan.

Figure 7- Questionnaire pour les restaurateurs (Annexe 4)

Nous avons ensuite souhaité connaitre la proportion de clients végétariens et végétaliens se rendant dans des établissements non spécialisés, quitte à être dans l’incapacité de se restaurer.

Nous avons obtenu des chiffres satisfaisant puisque près de 60% des restaurateurs nous ont ainsi confié recevoir de 1 à 10 clients végétariens par mois dans leur établissement. Les résultats concernant les végétaliens (végans) sont un peu plus faibles, puisqu’il ne s’agit que de 50%.

En revanche, alors que 33% des établissements questionnés reçoivent de 11 à plus, clients végétariens, 50% n’ont jamais reçu aucun végétalien (végan) chez eux. Est-ce dû à la jeunesse du mouvement ou bien au fait que les clients végans n’essaient même pas de se restaurer dans ce type d’établissement, jugeant l’opération inutile ?

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Figure 8-Questionnaire pour les restaurateurs (Annexe 4)

Parmi ces établissements, 67% disent posséder des offres adaptées à ces régimes mais cependant 60% disent adapter un plat de leur carte si un client fait part de restrictions particulières. Plus de 40% sont prêts à créer un plat sur-mesure en fonction des envies du client mais 17% tout de même ne proposera qu’un simple plat avec des produits premiers non transformés ne souhaitant pas être soumis à une contrainte mais privant ainsi le client de toute découverte gustative (type salade et vinaigrette).

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Figure 9-Questionnaire pour les restaurateurs (Annexe 4)

Malgré les réponses majoritairement positives que nous avons reçu à l’issu de ce questionnaire, nous restons relativement sceptiques sur les informations fournies par les restaurateurs. En répondant à ce questionnaire les professionnels n’ont pas systématiquement songé aux jours à forte densité et aux heures de pointe où le client particulier exige tout à coup beaucoup plus de temps qu’un client lambda pouvant entrainer par conséquent un blocage du restaurateur.

De plus, ayant nous-même adopté ce régime végétalien durant deux semaines afin de connaitre les contraintes qu’un tel mode de vie pouvait apporter, nous avons eu l’occasion de se confronter directement en tant que client aux restaurateurs.
Or, lorsque la carte est demandée à être adaptée, l’opération devient généralement très délicate car pour n’importe quelle cuisson, sauce ou accompagnement, l’utilisation du beurre ou de produits laitiers est généralement requise. Si le restaurateur fait preuve de mauvaise volonté ou n’a même pas été correctement informé sur le sujet et les contraintes qu’apportent ce type de régime, il est tout à fait envisageable qu’il se trompe et apporte au client un plat finalement non adapté.

Par ailleurs dans la réalité, le personnel en salle est bien moins accueillant et demeure étonné à l’évocation du terme « végétalien » pourtant répandu de plus en plus en France. Après un rapide rappel de rigueur sur le régime, le serveur redirige bien souvent sur les salades constituées uniquement de produits végétaux dont le chef allègera par la suite le contenu en y supprimant tous produits d’origine animale, sans appliquer aucun avantage monétaire, le coût de ces produits étant pourtant souvent le principal coût matière.

Nous concluons donc que les restaurateurs bien que peu adaptés pour le moment semblent offrirent des solutions adéquates. Cependant et c’est là un point regrettable, rares sont ceux qui voient le potentiel marché de niche au fort pouvoir d’achat puisque lorsque nous leur avons demandé si un éventuel livret ou vidéo d’information expliquant les différences ainsi que proposant quelques recettes étaient susceptibles de les intéresser, seulement 40% ont répondu favorablement, dont uniquement 8% pour la vidéo.

60% des restaurateurs d’établissements dits classiques » ne souhaitent donc pas s’ouvrir à cette clientèle et attendent qu’elle s’adapte à l’offre plutôt que l’inverse.

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Figure 10-Questionnaire pour les restaurateurs (Annexe 4)

3)   L’industrie agroalimentaire et les grandes marques s’adaptent

Au-delà de toutes les nouvelles enseignes de supermarché spécialisées qui s’implantent de plus en plus dans les grandes villes avec des noms qui commencent à résonner dans l’esprit des gens, les grandes enseignes alimentaires dites « de masse » destinées à l’ensemble de la population française, commencent à s’intéresser davantage au phénomène de ces nouvelles tendances alimentaires.

Nous avons évoqué précédemment leur capacité à influencer l’ensemble des comportements alimentaires de la population à travers leurs campagnes de pubs qui mettent en avant des produits d’origine animale paraissant de bonne qualité à la traçabilité quasi-irréprochable. Cependant et elles ne semblent pas pouvoir contrer cela, la demande grandissante d’un certain nombre de consommateurs « éthiques » les poussent à faire évoluer leurs rayons et s’adapter à la demande du marché.

Les supermarchés ont en effet vu leur rayon évoluer ces dernières années, pour consacrer aujourd’hui, dans les plus grandes surfaces, des étalages entiers dans les sections biologiques aux produits végétariens, gluten free ou même végétaliens dans certains rares cas.

Dans cette dynamique, Carrefour a lancé en octobre 2015, à la suite d’un sondage sur le « bien manger » auprès de ses clients source de propositions, sa propre marque de produits essentiellement végans, nommée Carrefour Veggie.

Pour ses débuts, 16 produits préparés (boulettes au soja, steaks au soja et même nuggets et fallafel), dont 13 végétaliens, sans nul trace d’huile de palme ou de conservateurs ont été commercialisé.
A travers cette démarche, la marque d’agro-alimentaire semble avoir mesuré le potentiel de ce marché, pourtant encore considéré comme marché de niche. (Lennepkade, Carrefour lance sa marque de produits végétariens/vegans, 2015)

Les enseignes de distri

Les enseignes de distribution n’étant pas les seules à réaliser le potentiel atout qu’une commercialisation de produits respectueux de l’environnement peut amener comme clientèle, certaines grandes compagnies multinationales ont elles aussi fait évoluer leurs gammes de produits, proposant des alternatives à partir de produits de substitution.

C’est ainsi que Ben & Jerry’s par exemple a annoncé en janvier 2016 la prochaine commercialisation d’une glace végane destinée aux végétaliens bien évidemment, mais également aux intolérants au lactose. Le lait de vache sera par conséquent substitué par du lait de coco ou du lait d’amande. (LePoint.fr, 2015)

De même, c’est début 2016 que Guinness, la célèbre marque de bière irlandaise, a souhaité faire part de sa mobilisation végane en s’engageant officiellement à ne plus utiliser de vessies natatoires de poissons pour filtrer et éclaircir sa bière. La substance en question, l’ichtyocolle est également utilisée dans la préparation du vin. (Blog, 2015)

Pour s’ouvrir davantage et inclure totalement le véganisme dans cette recherche de l’absolue végétale, la marque de cométique Lush se refuse depuis sa création à tester ses produits sur les animaux. L’ensemble de sa gamme est fabriqué par ailleurs à partir de produits frais et biologiques, dont la signification les touches directement au-delà de leur impact commercial. Leurs produits sont tous végétariens et les produits synthétiques utilisés sont dits « sans danger ». (Lush Entreprise)

L’ensemble de ces exemples tend à nous montrer que les grands groupes d’agro-alimentaire ou simplement les grandes marques directement impactées par la fabrication de produits communément transformés avec l’usage de produits animaux, ont vu en la vulgarisation de tous ces mouvements un marché pour lequel s’adapter. Probablement peu impactés par les questions d’éthiques, il s’agit davantage d’offrir à une population au fort pouvoir d’achat généralement des produits adéquats qui satisfont leur désir de consommation.

C.  L’avenir du véganisme contesté

Nous avons souhaité dans un ultime raisonnement nous intéresser à l’avenir du véganisme et son potentiel ancrage dans nos sociétés.

Différencier le mouvement de fond et la tendance de consommation n’est pas évidente dans un sujet aussi conflictuel dans son rapport à la société. Les réactions vives souvent critiques, la désinformation et le déficit d’adaptabilité de la société rendent la prise de position bien trop souvent influençable.

Nous avons donc souhaité parler de manière subjective en comprenant que chacun de nos mots relevaient certes d’un esprit critique individuel mais surtout d’un regroupement d’informations récoltées dans les différents camps étudiés.

1)   Un mouvement de fond

Le véganisme en tant que tel peut être perçu comme un mouvement de fond c’est à dire une vague portée par un groupe de personnes qui aspirent à un changement d’ordre sociétal, car il puise ses origines dans la critique profonde d’un comportement humain et non seulement ponctuel.

Nous l’avons vu précédemment, les animaux sont doués de sentiments, capables de souffrir ou d’être émus. Les sociétés les plus civilisées pointent donc du doigt leur statut juridique ancestral dont la loi française a elle-même consacré le principe le 28 janvier 2015, déclassifiant l’animal de la catégorie « biens meublés » en lui attribuant celui d’« être vivant doué de sensibilité » (Direct Matin, 2016).

Le fait que nombre de recherches ont prouvé non seulement que l’élevage industriel ou encore l’utilisation animale pour notre divertissement et confort n’était pas essentiel, mais aussi et surtout que l’alimentation à base de produits animaux n’était pas nécessaire à la bonne santé, a remis en cause la question de la cruauté animale. Plus profond et réfléchi, le mouvement ne prétend donc bien évidemment pas que les animaux aient les mêmes droits que les Hommes mais leur accorder des droits minimaux semblent rassembler sur le même camp plusieurs philosophes.

Plus loin que l’égoïste considération nutritionnelle, il remet l’ensemble du mode de consommation et de vie en question en soulignant les incohérences qui peuvent exister dans nos comportements quotidiens (animaux de compagnie) tout en le faisant de manière mesurée et respectueuse. (Joffrin, 2015)

Il est enfin assez aisé de faire un parallèle entre véganisme et religion que certains transforment par la suite en véganisme et secte à la mode : la révélation du traitement de l’espèce animale entrainant une conversion au véganisme qui fait de chaque un individu un prosélyte plein de zèle.

C’est pour cet investissement et cette passion que le véganisme peut être considéré comme un véritable mouvement sociétal : volonté d’inclure l’éthique dans le cercle de nos préoccupations humaines. C’est un réel engagement personnel qui permet de le différencier de la mode. Il se doit d’être abouti et complet avec un raisonnement le plus authentique possible et a pour but l’envie de découvrir une manière de mieux vivre différemment. (Gibert, 2015)

2)   Aux aspects de tendance de consommation

Cependant, si nous nous plaçons dans une autre approche, le véganisme pourrait dans les années à venir, tendre à disparaître et être par conséquent classifié uniquement en tant que « tendance ». Bien que ce-dernier soit en effet de plus en plus facile à adopter, sa pratique demeure tout de même extrême en ce qui concerne l’ensemble des domaines de consommation de la vie de tous les jours tels que le textile, les cosmétiques ou encore les activités.

C’est par ailleurs un mouvement qui répond à un certain style de vie qui se classifie, à tort ou à raison, comme « dans l’air du temps » maintenant mais qui dans le futur, pourrait ne plus être en adéquation avec les modes de vie actuels.

Les personnes interrogées ont toutes été végétariennes auparavant et nous pouvons nous demander si ce n’est pas là l’influence et l’attrait d’essayer un nouveau mode de consommation à l’éthique morale et plus ciblée et aux louables combats.

Il est cependant à noter que les professionnels du véganisme entendus s’accordent à dire que le marché de la restauration végane est l’avenir de ce secteur. Cette cuisine semble en effet s’adapter avec le futur et comprendre la diminution des ressources qui menace notre planète. L’élevage demande une consommation en eau et céréales considérable, or dans les années à venir, la planète ne disposera plus d’autant de ressources pour les animaux voués à l’abattage.

D’autre part, l’alimentation est de plus en plus industrialisée ce qui pousse les individus à se tourner davantage vers des produits de qualité alors que la viande a tendance à demeurer coûteuse. Elle se trouve aussi être nocive pour la santé selon plusieurs études. La gastronomie est de même en train de se tourner vers une cuisine végétale or ce sont souvent les grands chefs qui sont les précurseurs des futures tendances culinaires.

L’idéal n’est pas l’arrêt total de la viande mais une consommation plus résonnée. Nous sommes aujourd’hui dans une surconsommation de produits d’origine animale que tout le monde s’accorde à reconnaitre. Il n’est pas indispensable de consommer ces produits à chaque repas ou même de façon quotidienne, tout est une question d’équilibre et c’est cette diminution qui permettra un changement des ressources de l’alimentation.

Nos recherches nous amènent donc à penser que personne ne peut réellement dire quel est l’avenir du véganisme mais une chose est certaine, c’est qu’il sera surtout ce que nous en ferons collectivement.


III.      Un outil informatif

Notre outil managérial repose sur un livret informatif ainsi que sur une vidéo explicative qui s’adressent aux professionnels de la restauration classique. Afin de les rendre accessibles à tous nous avons élaboré un site internet où il est possible de consulter le livret en ligne et la vidéo. L’adresse du site web est http://veganmemories.flavors.me.

A.         Un livret Attractif

Afin d’accompagner les restaurateurs parisiens dans la compréhension du véganisme nous avons créé un livret informatif dynamique qui explique les différents régimes alimentaires. Cet outil permet aussi aux professionnels de proposer une offre de restauration végétalienne à adapter facilement et sans investissement financier. Une fois l’offre en place, une dernière partie est dédiée à la construction d’une communication et d’une mise en valeur de la proposition faite par le restaurateur. Nous avons choisi de constituer un outil simple afin que l’entreprise ait le choix de l’adapter de façon durable ou temporaire.

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Pour ce dossier informatif, nous nous sommes orientés vers un format paysage inhabituel avec des intercalaires afin de le rendre plus attractif et facile dans l’utilisation. Ce format a aussi pour but que le restaurateur s’arrête dessus et prenne le temps de s’y intéresser. Pour aller plus loin, nous avons adopté des couleurs vives qui attirent l’œil avec un style infographique c’est à dire des images numériques simplifiées. Nous avons aussi choisi un titre accrocheur suivit d’une citation de Einstein afin de montrer que c’est un sujet déjà abordé par un grand nom. Le chiffre illustre la présence notable de cette communauté dans le monde.  Enfin nous avons sélectionné les mots qui caractérisent et définissent ce mouvement dans le secteur de la restauration.

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Il nous semble essentiel de différencier les termes sur un aspect alimentaire dès la deuxième page. Nous avons voulu garder une présentation très visuelle avec peu de texte et l’utilisation de pictogrammes. Nous nous sommes ciblés sur l’aspect alimentaire afin que les informations données soient cohérentes avec le secteur visé. De ce fait, le régime végétalien représente aussi le régime végan puisque d’un point de vue alimentaire ils sont pareils, la différence réside dans les autres produits de la vie quotidienne. À savoir que lorsque nous avons utilisé des pointillés, cela signifie que la consommation du produit dépend de chaque individu et de sa flexibilité vis à vis d’un aliment.

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Nous avons fait appel au chef Christian Le Squer, étoilé au guide Michelin, pour nous concocter des recettes véganes simples à élaborer qui sont accessibles et adaptables pour la restauration classique.

D’autre part, nous avons souhaité utiliser un format qui soit dynamique dans l’assemblage de la recette et très distinct au niveau des besoins des ingrédients. Ces différentes recettes permettent de s’adapter à l’ensemble des régimes alimentaires, d’anticiper les demandes spécifiques et de proposer une offre attractive pour les consommateurs. Ce sont des recettes gourmandes, originales et qui plairont à tout le monde.

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Dans la quatrième partie du livret nous avons voulions expliquer aux professionnels les causes qui incitent les personnes, suivant des régimes alimentaires particuliers, à débuter.

En effet critiqués et perçus comme des individus contraignants, leur geste demeure souvent incompris car les Hommes ne prennent pas pleine conscience de l’impact que leur alimentation a à la fois sur leur santé et l’environnement. Nous avons donc ici appuyé leur raisonnement en expliquant les raisons d’un tel choix.

Nous avons débuté avec les bénéfices du régime végétarien et végétalien en montrant la diminution des risques de maladies (diabète, les maladies cardio-vasculaire, cancer, hypertension ou encore maladies rénales), ainsi que l’amélioration du bien-être intérieur par la réduction des allergies, l’allongement de la durée de vie, la diminution de l’Indice de Masse Corporelle ou encore l’équilibre intestinal.

Concernant l’environnement nous avons souhaité mettre en avant quelques chiffres clés très révélateurs de l’état actuel du cycle alimentaire. La consommation en eau ainsi que le rejet d’oxyde d’azote et la place occupée pour la culture de la nourriture animale permettaient de « choquer » l’auditoire avec des chiffres très évocatifs.

De même d’un point de vue éthique nous avons fait un lien entre sous-alimentation et culture d’élevage pour souligner le caractère humain  de ces communautés pointées du doigt.

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Enfin dans une ultime page, nous souhaitions mettre en avant les retombées économiques qu’une telle initiative pourrait avoir pour les établissements. Nous avons songé à quatre petites actions rapides que n’importe quel professionnel du secteur pourrait mener à bien.

La première solution que nous leur proposons est de mettre en évidence les plats spécialement adaptés en plaçant des logos distinctifs devant chacun d’entre eux. Nous leur en proposons quelques-uns avec comme ambition qu’ils se répandent et s’universalisent pour l’ensemble des établissements de restauration.

La seconde étape est, dans la même lignée, l’actualisation de la carte et du site internet en spécifiant les nouvelles offres parues.

Il est ensuite essentiel d’élargir ses canaux de distribution à la fois en contactant des sites de référencement qui proposent ces critères de recherches spécifiques (Happycow et VeganMania mais également plus universel Tripadvisor).

Enfin dans une dernière étape, communiquer autour de ces nouveaux produits qui permettent aux clients non concernés de desceller une certaine ouverture d’esprit sans que cela n’entache leur offre, et à ceux directement impliqués dans le mouvement, d’en être averti et relayer l’information dans ces communautés où les adresses se partagent très rapidement.

B.          Une vidéo Formatrice

Notre second outil managérial est une vidéo informative et ludique pour le restaurateur. Celle-ci, composée de plusieurs plans successifs, met d’abord en scène au restaurant deux clients et un serveur interloqué face à l’évocation d’un régime qui lui est inconnu.

Nous expliquons par la suite grâce à des logos très clairs les différents régimes et concluons par l’intérêt qu’une telle offre pourrait apporter au restaurateur.

Ce support très vivant nous est apparu comme une bonne alternative au livret pour les professionnels qui souhaiteraient comprendre en moins de 2 minutes les tenants et aboutissants du véganisme et former leurs employés.

« Bonjour, le véganisme ça vous parle ? »

A 

«-Bonjour, avez-vous fait votre choix ?

– Qu’est-ce-que vous avez comme plat végan ?

– Comme quoi ?! »

 B

« Laissez moi vous présenter trois personnes »

C 

« Monsieur Gluten Free, il ne mange aucun produit contenant du gluten par choix ou par contrainte.

Monsieur Végétarien ne mange ni viande, ni poisson.

Et Madame Végan ne consomme aucun produit d’origine animale donc ni viande, ni poisson mais aussi ni miel, ni lait, ni œuf »

 D

« – Mais quelle – est la différence entre un Végan et un Végétalien ?

Monsieur Végétalien est un cousin de Madame Végan. Ils mangent souvent ensemble car ils partagent le même régime alimentaire. Mais Madame Végan refuse en plus toute exploitation animale. Elle n’emmène jamais ses enfants au zoo, ne porte de cuir, poil ou plume et n’achète aucun produit cosmétique testé sur les animaux. »

 E

« – Mais alors pourquoi parler de végan dans la restauration ?

Ce terme anglais est plus répandu et mieux compris par les clients. Il a donc un impact marketing. Il est aussi assimilé à un choix éthique du restaurateur dans la sélection de ses produits. »

 F

« – Et pour moi, en quoi est-ce intéressant de proposer des plats adaptés ?

Cela donne la possibilité aux restaurateurs :

  • De mieux anticiper la demande.
  • D’augmenter la visibilité des établissements par un référencement sur internet plus spécialisé.
  • De s’intégrer dans un marché de niche avide de nouvelles offres. »

 G

« À présent, à vous de jouer ! »

H


Conclusion

Mouvement de fond ou tendance alimentaire, le Véganisme se situe pour le moment, nous l’avons vu, dans un entre-deux dont l’appartenance concrète reste indéfinie.

Bien que ses origines semblent remonter bien au-delà de ce que nous pourrions soupçonner, des hommes préhistoriques aux pythagoréens avant de regagner ses galons d’or chez certains philosophes et humanistes du XVI et XVIIIème siècles, la tolérance à l’égard de sa pratique reste limitée en France. Les nombreuses actuelles dérives alimentaires et nouveaux modes de consommation contraignants contribuent probablement à cela et tendent à développer chez les individus lambda et professionnels de la restauration un certain rejet pour cette part de la population. Ce choix de vie pourtant en adéquation avec une philosophie de vie éthique et respectueuse de l’environnement ne semble par conséquent pas être encore tout à fait accepté par la société française.

Cependant de nombreuses initiatives, notamment dans les établissements de hauts standings, ont été mis en place, nous incitant à envisager des perspectives d’avenir pour cette mouvance. C’est dans cette optique que nous avons souhaité en dernier volet développer deux outils managériaux aux formats papier et visuel adaptés aux restaurateurs confrontés à la question de plus en plus récurrente des clients suivant un régime alimentaire particulier, quelque type qu’il soit. Nous n’affirmons en aucun cas que ce mouvement soit un jour largement répandu en France mais nous souhaitons pour le moment offrir aux professionnels la possibilité d’appréhender son éventuelle entrée sur le marché. Ces supports ne sont pas destinés à une dimension commerciale mais détaillent les fondamentaux et les propositions d’offres adaptées.

Vous l’avez compris, notre interrogation tout au long du mémoire a été de déterminer les perspectives d’avenir du mouvement végan et ce mardi 23 février 2016, un nouveau rebondissement dans la longue liste des scandales liés à l’agroalimentaire n’a fait que confirmer notre position positive à son égard.

L’association L214 a en effet diffusé une vidéo des pratiques de l’abattoir pourtant certifié bio, de Vigan situé dans le Gard. Nous y constations des ovins jetés sur les grilles, des vaches conscientes saignées et des animaux à demi-électrocutés. La vive réaction des médias n’a fait qu’amplifier l’affolement lié au secteur agroindustriel que les français subissent depuis quelques années, favorisant le développement des mouvements réfractaires.

Afin de pressentir au mieux la suite, il nous semble aujourd’hui judicieux de se demander si les événements d’actualité quotidiens et les mouvements d’indignation suffiront-ils à assurer un avenir prometteur au véganisme ou si sa prolifération sera-t-elle étendue à des formes de mobilisation plus neutres et souples ?


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Sommaire annexe

 

  1. Annexe – Questionnaire pour les personnes Véganes 1
  2. Annexe – Questionnaire pour les professionnels Végans
  3. Annexe 3 – Questionnaire pour le Chef Pâtissier
  4. Annexe 4 – Questionnaire et réponses des restaurateurs 6

 

 

 

 


I. Annexe – Questionnaire pour les personnes Véganes

 

Quel est votre sexe ?

 

Dans quelle ville vivez-vous actuellement ?

 

Quel âge avez-vous ?

 

Quelle est votre profession ?

 

Depuis quand êtes-vous végan ? Aviez-vous un autre régime alimentaire auparavant ?

 

Pourquoi êtes-vous devenu végan ?

 

Quel a été l’élément déclencheur ?

 

Quelle est votre définition du véganisme ?

 

Quelle est votre philosophie de ce mouvement ?

 

Qu’et ce que ce régime vous apporte physiologiquement ? Ressentez-vous des bienfaits ? Des carences ? Est-ce que les compléments alimentaires sont indispensables ?

 

Est-ce une contrainte sociale ?

 

Que pensez-vous de l’accessibilité des produits végans ? Où les achetez-vous ?

 

Continuez-vous à fréquenter les supermarchés non végans, restaurants, hôtels ?

 

Quels ont été les changements significatifs que vous avez pu remarquer sur le mouvement végan ?

 

Souhaiteriez-vous étendre ce style de vie à votre entourage et plus ?

 

Vous sentez-vous entendu ? Souhaitez-vous faire changer les mentalités ?

 

Participez-vous à des rassemblements végans ?

 

Si vous avez des enfants, les éduquez-vous à consommer végan ?

 

Combien dépensez-vous en moyenne par mois en nourriture ?

 

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

 

 


II. Annexe – Questionnaire pour les professionnels Végans

 

Quelle différence voyez-vous entre végétalien et végan et pourquoi votre restaurant est-il répertorié comme végan et non uniquement végétalien ?

 

Quelles ont été les motivations qui vous ont poussé à ouvrir cet établissement ?

 

De quand date son ouverture ?

 

Combien de couverts faites-vous en moyenne par jour (déjeuner/diner) ?

 

Quel est le Ticket Moyen ?

 

Votre établissement fonctionne-il pour le moment en générant un chiffre d’affaire global intéressant ?

 

Parvenez-vous à rentabiliser vos couts (matières premières et coûts fixes) ?

 

Utilisez-vous des produis de substitution ?

 

Est-ce que l’ensemble de vos clients suivent des régimes particuliers ou certains viennent-ils pour essayer uniquement et/ou accompagner d’autres clients ?

 

Avez-vous constaté une augmentation de la fréquentation de votre établissement depuis son ouverture, dû à la croissance de la population végane ?

 

Avez-vous constaté une évolution de la perception des restaurateurs face aux nouveaux mouvements alimentaires (gluten free, végétarien, végétalien) ?

 

En tant que restaurateur, quel est selon vous l’avenir du mouvement végan/végétalien ?

 

En tant que citoyen, le véganisme est-il selon vous une tendance sociétale dans la lignée des nombreuses contraintes alimentaires du XIXème (gluten free…) ou un véritable mouvement de fond d’avenir fondé sur le mécontentement et refus des modes de consommation actuels ?
Pourquoi ?

 


III. Annexe 3 – Questionnaire pour le Chef Pâtissier

Pourquoi s’orienter vers le végan ?

Quelles sont les défis gustatifs lorsqu’on travail des pâtisseries véganes ?

Quels sont les retours clients ?

Avez-vous découvert de nouvelles manières de préparer vos pâtisseries ?

Est ce que ca touche seulement les vegans ?

Combien de tea time vegan vendez-vous en moyenne par jour ?

Est-ce que cela vous a apporté une nouvelle clientèle ? Est-ce que cela vous a apporté plus de monde à l’heure du tea time ?

Est-ce que une pâtisserie végane est elle plus coûteuse à réaliser ?

Est-ce que ces menus tea time ne sont pas au final un moyen de communication pour le Shangri La ?

 


Annexe 4 – Questionnaire et réponses des restaurateurs

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